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La voix de l’industrie des fonds communs au Canada

Communiqué

Fiche d’information Médias : Les conseils financiers : pour qui et pourquoi?


7 juin 2017

Un peu partout dans le monde, les organismes de réglementation envisagent de prendre des mesures pour s’assurer que les investisseurs comprennent bien les coûts liés au placement et obtiennent de la valeur pour leur argent. À mesure que diverses formules sont mises à l’essai, il devient évident qu’une formule unique en matière de réglementation des frais risque d’avoir des conséquences imprévues qui peuvent avoir une incidence disproportionnée sur certaines catégories de consommateurs, plus particulièrement sur les petits investisseurs et sur ceux qui commencent juste à épargner.

La présente fiche d’information présente des données sur les actifs des ménages des investisseurs canadiens et sur la différence que peut faire le recours à des conseils en matière d’épargne à long terme.

Qu’entendons-nous par « petit investisseur canadien »?

Selon une recherche effectuée par Investor Economics et Pollara, le petit investisseur canadien typique :

  • fait partie des 79 % des ménages canadiens qui ont moins de 100 000 $ d’actifs (autres qu’immobiliers) à investir;1
  • fait partie des 7,9 millions de ménages canadiens qui détiennent des placements par l’intermédiaire de l’ACFM;
  • disposait probablement d’un montant de moins de 25 000 $ quand il a commencé à investir;2
  • détient son épargne dans une combinaison de fonds de placement, de CPG et de comptes de dépôt;3
  • a probablement acheté des parts de fonds communs de placement par l’intermédiaire d’un représentant. En fait, c’est le cas de huit petits investisseurs sur dix.4

Les conseils financiers sont-ils importants pour le petit investisseur?

  • Comparativement aux investisseurs qui opèrent en solo, ceux qui font appel à des représentants en services financiers voient leur épargne fructifier 2,9 fois plus rapidement après 7 ans – et 3,9 fois plus lorsqu’ils continuent d’avoir recours aux services d’un représentant pendant 15 ans.5
  • En plus d’aider les investisseurs à choisir les bons produits pour atteindre leurs objectifs, les représentants font office d’éducateurs en matière financière en les aidant à acquérir des habitudes disciplinées en matière d’épargne et à éviter les pièges les plus courants.
  • 90 % des porteurs de parts de fonds communs canadiens investissent par l’intermédiaire d’un représentant, et 88 % d’entre eux affirment que les conseils leur permettent d’obtenir de meilleurs rendements.6
  • Les graphiques qui visent à illustrer l’incidence négative des frais liés aux services-conseils sur les rendements à long terme reposent incorrectement sur l’hypothèse selon laquelle les investisseurs qui ne font pas appel à des services-conseils accumulent leur épargne au même rythme que ceux qui font affaire avec un représentant, ce qui est en contradiction avec les recherches comportementales qui indiquent invariablement que la plupart des gens qui opèrent en solo sont moins disciplinés dans leurs habitudes d’épargne et plus sujets à commettre des erreurs de comportement.
  • D’autres comparaisons omettent souvent de noter que les frais des fonds communs de placement incluent habituellement des frais de conseil qui doivent être payés séparément lorsqu’on investit dans des produits comme les FNB par l’intermédiaire d’un représentant.
  • Les recherches indiquent également que sur une période de cinq ans, les ménages qui ont conservé leur représentant ont vu la valeur de leurs actifs augmenter davantage que celle des ménages qui ont renoncé aux services-conseils durant la même période.7

Existe-t-il des lacunes en matière de conseils et pourquoi cela a-t-il de l’importance?

  • Les lacunes en matière de conseils peuvent se mesurer de deux façons :
    • la capacité des personnes qui veulent avoir recours à des conseils financiers d’en trouver à un prix qui leur semble abordable, ou
    • l’écart entre tous les investisseurs susceptibles de profiter de conseils financiers et ceux qui font effectivement affaire avec un représentant en services financiers.
  • Selon la première de ces mesures, rien ne prouve qu’il existe aujourd’hui au Canada des lacunes en matière de conseils. La diversité des modes de paiement offerts, en particulier pour les commissions intégrées, permet aux Canadiens qui ont de modestes moyens d’avoir accès à des conseils abordables proportionnellement à leurs actifs.
  • La seconde mesure ne peut être résolue qu’en sensibilisant les investisseurs aux avantages des conseils et en s’assurant que le secteur peut continuer à offrir à ceux qui recherchent de tels conseils les services qu’ils souhaitent à un prix qu’ils sont prêts à payer.
  • Investor Economics estime que la commission intégrée (de suivi) moyenne représente 0,78 % ou 780 $ par année pour un petit investisseur qui dispose de 100 000 $.
  • Il suffit de comparer ces chiffres aux comptes à honoraires aux États-Unis, où l’investisseur doit disposer d’un montant minimum de 100 000 $ US sur lequel on lui facturera 1,3 %, soit 1 300 $ US par année. Compte tenu de l’intérêt composé, sur un rendement annuel de 5 %, la différence entre 0,78 et 1,3 représentera plus de 7 000 $ US après 10 ans.
  • On peut en conclure que le petit investisseur canadien paye moins de frais que sa contrepartie américaine pour des fonds comparables.
  • Une recherche de l’ACFM montre qu’un fonds avec frais d’acquisition (front-end load) d’actions nationales peut généralement payer une commission de suivi de 1 %, et qu’un fonds avec frais d’acquisition de titres à revenu fixe peut payer une commission de suivi de 0,65 %. Pour les petits investisseurs, cela se compare aux réseaux de frais à honoraires, dont les taux commencent habituellement à 1,5 %.8
  • Les organismes de réglementation du Royaume-Uni ont reconnu que les réformes mises en œuvre dans ce pays, notamment l’interdiction des commissions intégrées, ont créé des lacunes en matière de conseils pour les petits investisseurs. Les firmes ont rehaussé le solde minimal requis dans les comptes et le nombre d’ouvertures de nouveaux comptes pour les petits investisseurs (de 30 000 £ – à 100 000 £) a baissé. Le gouvernement met maintenant en place un certain nombre de mesures d’atténuation, dont l’autorisation pour les investisseurs de retirer jusqu’à 1 000 £ de leur caisse de retraite sans conséquences fiscales afin de pouvoir payer des conseils financiers.

Le Canada et le monde

Les organismes de réglementation ont avancé que le Canada est en retard sur le reste du monde quant à l’interdiction des commissions intégrées. Mais les faits disent le contraire.

  • Les organismes de réglementation en valeurs mobilières de plusieurs juridictions ont examiné la possibilité d’interdire les commissions intégrées. Seuls quatre pays (Australie, Pays-Bas, Royaume-Uni et Afrique du Sud) ont appliqué cette interdiction.
  • Les organismes de réglementation en valeurs mobilières et les gouvernements de dix autres pays, y compris la Suède, Hong Kong, l’Allemagne, la Nouvelle-Zélande et Singapour, ont envisagé cette option et ont explicitement rejeté une interdiction totale des commissions intégrées de crainte que cela ne cause des lacunes en matière de services-conseils.
  • Du côté de l’Europe, on propose, dans le cadre de la DMIF II, d’interdire aux représentants en services financiers indépendants d’accepter des commissions. Or, les services financiers indépendants sont l’un des plus petits canaux du secteur des fonds européens, et ne comptent que pour 11 % de ses actifs. Les banques sont responsables de la grande majorité des ventes de fonds dans les pays où cette pratique n’est pas interdite aux termes de la DMIF II.
  • L’interdiction visant les commissions intégrées ne touchera que 13 % des actifs détenus mondialement dans des fonds communs de placement, dont la valeur s’élève à 39 400 milliards de dollars américains.

Les renseignements de la présente fiche d’information sont tirés de Advice and the Modest Investor: A Canadian Perspective.

À propos de l’IFIC

L’Institut des fonds d’investissement du Canada est la voix de l’industrie des fonds communs de placement au Canada. L’IFIC regroupe 150 organismes, dont des gestionnaires de fonds, des distributeurs et des entreprises de services au sein du secteur, afin d’encourager un secteur des placements solide et stable où les investisseurs pourront atteindre leurs objectifs financiers. L’organisme est fier de servir le secteur des fonds d’investissement au Canada et ses investisseurs depuis plus de 50 ans.

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Pour en savoir plus :

Sara Clodman, Conseillère principale, Affaires publiques (sclodman@ific.ca | 416-309-2317)


1 Investor Economics, Household Balance Sheet, 2015
2 Pollara, 2016
3 Investor Economics, Household Balance Sheet, 2015
4 Pollara, 2016
5 Cirano, 2016
6 Pollara, 2016
7 Cirano, 2016
8 MFDA Client Research Report: BULLETIN #0721 – C