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La voix de l’industrie des fonds communs au Canada

L’histoire des fonds communs de placement


L’histoire des fonds communs de placement

Le fonds commun de placement est né d’une crise financière qui a ébranlé l’Europe au début des années 1770.

La Compagnie britannique des Indes orientales s’était lourdement endettée pendant les années de prospérité précédentes pour soutenir ses ambitieux intérêts coloniaux, particulièrement en Amérique du Nord où l’agitation politique culminera en révolution quelques années plus tard.

Face à l’augmentation de ses dépenses et à la baisse de ses revenus provenant de ses aventures coloniales, la Compagnie s’est tournée vers le trésor britannique en 1772 pour obtenir une aide financière. Il s’agit de la « première société trop grande pour faire faillite » et les répercussions ont été ressenties sur l’ensemble du continent et même dans le monde entier.

À la même époque, les Néerlandais avaient eux aussi leurs problèmes. Comme l’Angleterre, les Pays-Bas se développaient et exploraient des contrées lointaines en prenant des risques d’une manière qui rappelle la crise bancaire de 2008.

Le premier fonds commun de placement

Dans ce contexte, un marchand néerlandais, Adriaan van Ketwich, a eu la bonne idée de mettre en commun l’argent de plusieurs investisseurs afin de former une fiducie de placement en 1774 – c’est ainsi qu’est né le premier fonds commun de placement au monde. Grâce à la diversification, le risque financier des investisseurs, de petits épargnants pour la plupart, était réparti entre plusieurs pays européens et colonies américaines où les investissements étaient garantis par le revenu provenant des plantations. C’est en quelque sorte la première version des titres adossés à des créances hypothécaires d’aujourd’hui.

Van Ketwich a offert au public la possibilité de participer au fonds de placement à capital fixe, qu’il avait baptisé « Eendragt Maakt Magt » (l’union fait la force), jusqu’à ce que les 2 000 parts soient achetées. Après cela, la seule façon de participer au fonds était d’acheter des actions directement des actionnaires sur le marché libre. Le prospectus du fonds, que les investisseurs pouvaient se procurer sur demande, présentait la comptabilité annuelle du fonds. Deux autres fonds ont été créés par la suite aux Pays-Bas et mettaient l’accent sur la diversification dans le but de réduire le risque, les rendant ainsi plus attrayants auprès des investisseurs qui ne disposaient que d’un capital modeste.

Le fonds de Van Ketwich a survécu jusqu’en 1824, mais l’instrument de placement qu’il a créé demeure un trait distinctif du placement personnel plus de deux siècles plus tard. En juillet 2013, l’actif mondial s’élevait à 27,86 billions de dollars américains. Au Canada seulement, les fonds communs de placement représentent 1,43 mille milliards $.

Les premiers fonds communs de placement étaient à capital fixe, émettant un nombre fixe d’actions. Ils se sont répandus ensuite en Angleterre et en France et ont fait leur apparition aux États-Unis dans les années 1890.

Premier fonds commun de placement moderne, le Massachusetts Investors Trust a été créé le 21 mars 1924. Il s’agissait du premier fonds commun de placement à capital variable qui permettait l’émission continue et le rachat d’actions par la société d’investissement. En l’espace d’un an, l’actif du fonds est passé de 50 000 $ à 392 000 $. Le fonds est devenu public en 1928 et est maintenant connu sous le nom de MFS Investment Management.

La croissance des fonds communs de placement canadiens

Le premier fonds canadien, Canadian Investment Fund Ltd. (CIF), a vu le jour quatre ans plus tard, en 1932. Son actif s’élevait à 51 millions de dollars en 1951. Il a été rebaptisé Spectrum United Canadian Investment Fund en novembre 1996, puis Fonds de placements canadiens CI en août 2002.

L’essor des fonds communs de placement et leur impact sur l’investissement en général ne sont rien de moins que révolutionnaires. Pour la première fois, des investisseurs ordinaires disposant d’un capital minime pouvaient mettre en commun leurs ressources dans un panier de placements diversifiés gérés de manière professionnelle plutôt que d’emprunter la voie plus coûteuse qui consiste à acheter des titres individuels présentant des degrés de risque divers. Cette innovation était considérée comme un pas de géant dans la démocratisation de l’investissement pour le petit investisseur.

Le premier signe de croissance et de popularité des fonds communs de placement au Canada est apparu au début des années 1960 lorsque l’actif total a doublé, passant de 540 millions de dollars en 1960 à plus de 1 milliard de dollars à la fin de 1963. Mais le plus grand afflux de capitaux vers les fonds communs de placement au Canada s’est produit dans les années 1990. Les taux d’intérêt supérieurs à 10 % qui avaient poussé les épargnants canadiens à investir dans des CPG ont diminué et les investisseurs se sont tournés vers des placements offrant des rendements potentiels plus élevés.

Dans les années 1990, il y avait une corrélation directe entre les taux d’intérêt et les ventes de fonds communs de placement. En mai 1990, le taux de la Banque du Canada, sur lequel les institutions financières se basent pour fixer leurs taux d’intérêt, s’établissait à 14,05 %, un des plus hauts niveaux jamais atteints. Le taux a alors amorcé une baisse, atteignant 6,81 % au début de 1993 et 4,11 % à la fin de l’année.

Étant donné la diminution du taux de la Banque, les ventes de fonds communs de placement ont fait un bond de 140 % entre la fin de 1992 et la fin de 1993, l’actif augmentant à près de 114,6 milliards de dollars grâce aux solides marchés. Le taux de la Banque a atteint 3,25 % en janvier 1997 avant de remonter lentement à 5 % en janvier 2000.

Le segment des fonds communs de placement a affiché la plus forte croissance au sein du secteur canadien des services financiers pendant les années 1990 et jusqu’au tournant du siècle. La valeur de l’actif géré est passée de 25 milliards de dollars en décembre 1990 à 426 milliards de dollars en décembre 2001, soit une hausse de 1 700 %. Cet actif était géré par quelque 1 800 fonds communs de placement différents détenus dans plus de 50 millions de comptes de porteurs de parts.

En 2008, les marchés mondiaux ont été secoués par une crise financière, provoquée par la bulle immobilière aux États-Unis et caractérisée par l’effondrement et le renflouage du secteur financier comme ce qui s’était produit lors de la crise européenne qui a donné naissance au premier fonds commun de placement.

Contrairement à d’autres pays, en particulier les États-Unis, le Canada a largement échappé à la crise grâce à ses règles plus rigoureuses en matière de prêts hypothécaires et à sa réglementation du système bancaire. Les fonds communs de placement au Canada ont aussi survécu et, après un bref repli, ils demeurent un moyen d’épargne populaire et apprécié des investisseurs canadiens.

 

 

L’avantage des fonds communs de placement

Les fonds communs de placement offrent aux Canadiens un moyen judicieux d’accumuler un patrimoine grâce à un large éventail de solutions de placement personnalisées reposant sur de solides principes de placement.

Les fonds communs de placement se caractérisent par :

  • une gestion de portefeuille professionnelle;
  • une administration simplifiée et pratique;
  • une gestion du risque au moyen de la diversification;
  • des solutions novatrices qui correspondent à différents objectifs de placement et répondent à l’évolution des besoins des investisseurs;
  • des occasions de placement au pays et à l’étranger qui ne seraient pas accessibles directement aux investisseurs;
  • une liquidité permettant aux investisseurs de faire face aux changements qui surviennent dans leur situation personnelle;
  • un accès aux placements pour tous les types d’investisseurs, y compris ceux qui préfèrent investir des montants modestes à intervalles réguliers;
  • un choix de méthodes d’achat et de structures de frais, comme le service complet, les services à honoraires et le libre-service;
  • une responsabilité et une équité envers les investisseurs grâce à la réglementation et à la transparence du secteur.

La croissance du secteur et l’IFIC

La Canadian Mutual Funds Association (CMFA) a été fondée en 1962 pour répondre aux besoins croissants du secteur des fonds communs de placement en matière de réglementation et de commerce. À l’origine, les membres de la CMFA étaient des fonds communs de placement et non pas des sociétés de gestion de fonds, comme c’est le cas aujourd’hui.

En avril 1963, la CMFA a publié un code de déontologie et un règlement à l’intention de ses membres. Dix ans plus tard, elle a été officiellement constituée en personne morale ayant pour mandat de participer à des activités favorables à des normes éthiques rigoureuses et à une efficacité de l’administration et de l’exploitation au sein du secteur, et de soutenir de telles activités. En 1976, la CMFA a changé de nom et est devenue l’Institut des fonds d’investissement du Canada (IFIC).

Depuis lors, l’IFIC a joué un rôle de premier plan dans l’élaboration des règlements régissant le secteur canadien des fonds communs de placement, en influençant de manière proactive et en faisant progresser les questions sectorielles au sein du cadre réglementaire, tout en augmentant l’efficacité de ses membres, leurs connaissances et leurs compétences. L’IFIC offre un niveau de service toujours élevé afin de permettre aux courtiers et aux sociétés de gestion membres de travailler ensemble au sein d’un forum pour renforcer l’intégrité et la croissance du secteur ainsi que la confiance des investisseurs.